Howard Silk est un employé modèle et modeste d’une obscure agence onusienne à Berlin. Sa vie bascule lorsqu’il se retrouve bien malgré lui au cœur d’un complot tournant autour du secret le mieux gardé au monde : il existe un monde parallèle. Il y a 30 ans, une expérience de scientifiques est-Allemands a provoqué la duplication du monde et la seule voie de passage entre les deux se situe précisément dans l’agence où Howard travaille.

Sortie en catimini il y a deux ans, Counterpart est pourtant l’une des meilleures séries de cette fin de décennie. Créée par Justin Marks (The Jungle Book), et produite par Todd Brown (True Detective, American Crime Story) et Amy Berg (Person of Interest), la série est un complexe mélange des genres, empruntant à la fois aux codes de l’espionnage et de la science-fiction, transposant la Guerre Froide vers un affrontement entre les deux mondes parallèles. Dès le pilote, Marks installe son univers très particulier. Du look rétro des bureaux de l’agence Interchange, aux échanges diplomatiques entre les deux mondes, tout a été réfléchi dans les moindre détail. De plus, Une fois n’est pas coutume pour une production américaine, la série a été tournée en grande partie à Berlin, ce qui renforce sa singularité visuelle.
Mais ce qui fait la vraie force de Counterpart, c’est aussi qu’elle sait rester à hauteur d’homme. Comme dans toute bonne œuvre de science-fiction, cette histoire de mondes parallèles n’est qu’un prétexte. Ce qui prime, c’est d’explorer les conséquences pour les protagonistes. Confronté à son double, espion aguerri et bourru, le gentil Howard va-t-il découvrir qu’il existe aussi en lui un Howard plus dur, plus sûr de lui-même ? L’interrogation en devient presque philosophique. Qu’est-ce qui nous définit ? Serions-nous différents si à un moment donné nous avions pris une autre décision ? Qu’est-ce qu’il fait que l’on devient prodige du violon ou assassin ?

Enfin, on ne peut pas parler de Counterpart sans mentionner son casting parfait: Olivia Williams (Sixième Sens, Manhattan), Harry Lloyd (Game of Thrones), Nazanin Boniadi (Homeland, How I Met Your Mother), Sara Serraiocco (l’Affranchie), mais surtout l’incomparable J. K. Simmons (Spiderman, Whiplash). Sans artifice ni excès, son jeu tout en finesse nous permet de toujours savoir à quel Howard nous avons affaire, ressentant une grande empathie envers l’un, alors que la froideur de l’autre nous enjoindrait plutôt à la méfiance. Lui qui fut si longtemps cantonné aux seconds rôles, on se réjouit de voir J. K. Simmons tenir le haut de l’affiche dans une série qui lui donne l’opportunité de montrer l’étendue de son talent.
Annulée prématurément après seulement deux saisons, la série bénéficie malgré tout d’une conclusion en bonne et due forme. Et même si l’on regrette qu’elle n’ait pu durer plus longtemps, Counterpart reste une petite pépite de science-fiction.

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Counterpart est disponible en intégralité sur OCS.
